Pour relancer le rayon produits électroniques de ses hypermarchés, Carrefour pourrait en confier les clés à des employés du groupe Fnac-Darty, dans le prolongement du partenariat aux achats noué il y a peu.

© Olivier Gerber/ CARREFOUR
Les produits électroniques des hypermarchés Carrefour pourraient être confiés à des spécialistes, avec un espace de vente dédié au coeur même du magasin.

Ce qui n’était qu’un scénario prend de l’épaisseur jour après jour. A la recherche d’un second souffle pour ses hypermarchés, Carrefour réfléchirait à confier les espaces PCS (photo/ciné/son) de ce format de magasins au groupe Fnac-Darty. Ce faisant, il concèderait ces m² à un spécialiste, en se basant sur le constat qu’un intervenant extérieur serait plus à même de conseiller les clients sur ces catégories de plus en plus techniques.

Inutile de rappeler qu’Alexandre Bompard, pdg de Carrefour depuis l’été dernier, n’est autre que l’ancien dirigeant de Fnac-Darty et connait très bien, à ce titre, les atouts et faiblesses de chacun. Précision qui a son importance, les deux parties ont signé début décembre un partenariat aux achats portant sur les produits électroménagers et électronique grand public en France. En allant plus loin, et en convertissant une partie de l’espace des hypermarchés en zone Fnac Darty à l’intérieur même du magasin, Carrefour tenterait ainsi de redynamiser cet espace. Le dossier est très chaud. Une source proche du dossier a confirmé à LSA que les discussions sur un tel projet étaient très avancées. Fin décembre, la CGT évoquait déjà une telle possibilité. Se poserait alors la question des salariés Carrefour concernés. Seraient-ils affectés à d’autres catégories, ou bien incités à partir ? La question est loin d’être neutre, sachant que Carrefour compte 247 hypers en France.

Très concurrencées par le e-commerce, les catégories de produits techniques et électroniques ne sont pas très rémunératrices pour les points de vente généralistes, d’où la tentation de sous-traiter cette partie. Ce qui ne serait pas inédit. Rappelons qu’en 2010, lors du lancement du concept Planet, Carrefour avait alors décidé de confier son espace culture à Virgin, qui avait occupé 300 m² au cœur de l’hypermarché de Vénissieux avec ses propres vendeurs. En Belgique, les magasins Makro, engagés dans une profonde transformation, empruntent eux aussi cette voie depuis un an. Ayant décidé de se recentrer sur trois pôles (l’alimentaire, le bricolage, et la fête) ils ont signé un accord de coopération avec Media Markt, qui gère depuis des « shop in shop » hi-fi et électro à l’intérieur des 8 Makro du pays. Une piste d’avenir pour Carrefour ?

Source : LSA